Depuis 30 ans, le projet de déviation sud du Faouët revient régulièrement sur la table, malgré ses échecs répétés, l’opposition d’associations et riverains ainsi que l’évolution des enjeux environnementaux.
Aujourd’hui, alors que le territoire devrait concentrer ses moyens sur des besoins essentiels (santé, mobilités douces, services publics), le Département tente d’imposer une infrastructure routière héritée d’un autre âge : une déviation de 2,8 à 3 km, comprenant 3 ronds-points, des terrassements massifs, et une artificialisation de 14 hectares d’espaces naturels.
C’est ce projet, disproportionné, destructeur et inutile, que nous dénonçons.
1. Une longue histoire (1993–2007).
Entre 1993 et 2018, trois projets successifs de contournement ont été imaginés autour du Faouët :
Ces projets ont tous été stoppés grâce à la vigilance et aux actions des habitants et associations qui ont fait respecter la loi.
2. Le retour du projet : un copier-coller du passé.
Depuis 2023, le Département revient avec un projet très proche de celui de 1993 :
une route neuve de 2,8 km reliant Kerozec à Kerrousseau avec :
Cet aménagement n’est pas un simple “contournement” c’est une saignée de 3 km dans le paysage, coupant le territoire en deux et transformant durablement son identité.
3. Des travaux lourds, dévastateurs et irréversibles.
La route nécessiterait
Des terrassements considérables:
Des ouvrages massifs:
La route actuelle serait fermée au sud de Kerozec, obligeant:
certains usagers circulant entre Le Faouët, Guiscriff et Lanvénégen à passer par Kerrousseau, rallongeant les trajets de près de 2 km.
4. 14 hectares sacrifiés et 63 espèces protégées menacées.
Pour cette route de 3 km, le territoire perdrait :
Même le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) a exprimé un avis défavorable, indiquant que les compensations prévues ne sont pas à la hauteur des destructions annoncées.
5. Un projet qui augmente les nuisances au lieu de les réduire.
Les études officielles le reconnaissent :
la déviation ne réduit pas les nuisances, elle les déplace et les amplifie.
Hausse du trafic:
Nuisances sonores accrues:
De nombreuses habitations seraient exposées à davantage de bruit, parfois à
un niveau classé “points noirs du bruit” donc potentiellement dangereux pour la santé.
Variante absurde : ouvrir la voie verte aux véhicules.
La partie est de la voie verte serait ouverte aux véhicules motorisés :
une aberration totale pour un espace dédié aux piétons, cyclistes, familles et touristes.
Aucune garantie sur les poids lourds:
Aucune étude sérieuse n’a été réalisée sur leur part dans le transit actuel.
Rien ne prouve qu'ils accepterons un détour supplémentaire pour emprunter la déviation.
6. Un désastre annoncé pour le commerce local.
Le bourg du Faouët vit largement du passage:
En détournant les véhicules légers:
Dans de nombreuses communes françaises, les déviations ont eu exactement les memes effets:
la vie du centre s'effondre au profit de nouvelles zones périphériques.
7. Un projet qui prive le territoire de véritables investissements.
Avec la Loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN), construire cette route signifie :
plus de grands projets publics possibles pendant environ 20 ans,
impossibilité d’investir dans des besoins réellement prioritaires:
Tout ça pour un projet qui coûtera au minimum 8 millions d’euros, sans compter les dépassements, inévitables dans les projets routiers.
8. Des solutions existent — efficaces, rapides, sobres.
Le collectif rappelle qu’on pourrait améliorer immédiatement la sécurité et réduire les nuisances
avec des mesures simples :
Ces solutions :
9. Pourquoi nous résistons.
Nous refusons ce projet parce que :
Ce projet n’est pas adapté à notre territoire. Il appartient au passé.
Nous défendons un autre modèle : respectueux, intelligent, sobre, efficace, cohérent.
Nous voulons un Faouët vivant.
Un Faouët qui respire.
Un Faouët qui avance — mais pas au bulldozer.